mercredi, août 02, 2006

Assez. Trop.

Je mange. N'importe comment.
Je suis incapable de réfléchir.
Impossible de me poser ici.
Sauf quand je viens ici.
Voir DaHo, et quelques autres...
Je ne peux plus réfléchir ni à ce que je fais, ni à ce que je mange.
Je me sens mal à l'aise.
Je me sens grosse.
Il faut absolument que je perde ce putain de poids.
Ne pas s'énerver, prendre les choses les unes après les autres.
Laissez passer la tempête, il sera toujours temps de rattraper les dégats après.
Manger, doucement, faire attention, se calmer.
Dans une semaine, la tempête sera finie.
Dans une semaine après son anniversaire.
Après la fête.
Souffler.
Calme.
Légèretée, bientôt...

lundi, juillet 31, 2006

Perdre


Perdre et me perdre.
Je veux.
Redevenir ce que je suis.
La vie en société c'est bien, mais de toute façon j'ai pas le temps, pas la place...
Même si l'envie est là...
Je vais me vider.
Disparaître.
Déjà 10 kilos d'envolés depuis deux mois.
Raisonnable.
Pas le moral.
Sauf la nuit.
La nuit tout disparaît, je peux enfin vivre.
Juste être là.
La tristesse s'envole, les prises de tête n'ont plus lieu d'être.
Et je peux oublier un peu...

Les anorexiques sont des morts-vivants.
Plus d'envies, plus de désir. Tout est mort en elles, en eux.
Tout sauf la volonté consciente de maigrir, descendre encore plus. À l'aveuglette, aveuglément...
Les anorexiques parlent tout doucement, lentement et bas.
Elles parlents comme les escargots se déplacent.
Et puis parfois ça monte, ça crie, ça hurle et ça pleure.
Ca c'est au début.
Après, on s'y fait. On ne souffre plus. Les autres souffrent, ils sont morts de peur.
Les anorexiques sont très sereines par rapport à leur santé, pas d'angoisse, la mort ne peut plus les atteindre.
Plus rien ne les touche.
Sauf peut-être leur propre douleur.
Beaucoup d'auto-apitoyement.
Ridicule. Pathétique.
Je ne serai plus une anorexique comme ça.
Je veux être mieux.
J'ai compris maintenant. Je sais.
Je sais que les médecins ne peuvent pas soigner quelqu'un sans sa participation active.
Je sais qu'ils ne pourront rien contre quelqu'un qui va les voir régulièrement, qui se laisse peser, mesurer, questionner, qui fait tout bien comme il faut sauf une seule chose: manger.
Même plus besoin de mentir. Juste de dire la vérité.
"Je ne veux pas guérir. Je me trouve bien comme je suis. Je viens vous voir parce qu'il faut se faire soigner. Alors allez-y, je suis à vous. Mais, mais si vous voulez me soigner c'est pour que je puisse vivre, je vis déjà, donc soigner moi si ça vous chante, mais moi, il n'est pas question que j'arrête ma vie pour vous. Quand pour moi, je penserai que c'est nécessaire je le ferai mais pas avant."
On ne peut rien contre quelqu'un qui ne mange plus.
On peut lui mettre des perfusions: les perfusions ça s'arrache très facilement.
On peut lui mettre une sonde: ça se retire, et la pompe ça se débranche, ça s'éteint.
On peut l'attacher, mais à quoi bon maintenir en vie quelqu'un qu'on empêche de vivre.
J'arriverai à cela.
Pour moi. Et puis aussi (un peu) pour les autres.
Pour qu'enfin on change le traitement des anorexiques.
Pour qu'on ne voit plus d'infirmières débiles faire la morale à une anorexique qui ne bouffe pas ses quatre feuilles de salades.
Ne pas vouloir manger est un droit.
Il faut que les gens acceptent la mort. Parce que c'est ça qu'il y a derrière tout ce traitement qu'on fait subir aux anorexiques: la trouille qui les tient au ventre de voir quelqu'un défier la mort, au point même de la nier.
Les anorexiques ne meurt pas de faim.
Elles meurent de leurs parents, de leurs frères, de leurs soeurs, de leurs cousins, de tout ce qui les sépare, et qui pourtant est si peu, une simple apparence, une enveloppe vide, c'est tout ce qu'il leur faut pour mourir de peur et fuir ou rester planter là les yeux ronds comme des billes, muets comme des carpes, ridicules...
Les anorexiques meurent de solitude, meurent de s'être enfermée pendant trop longtemps et d'avoir étouffer tout au fond de leur carcasse, terrée.
Elles meurent de tristesse, d'espoirs impossibles, de leur vie gâchée par elle, mais aussi par ceux qui parfois les ont enfermées pensant bien faire et par cela les ont condamnées à garder à vie la peur au ventre et la vie enterrée, tout au fond. Trop loin.
Et puis certaines meurent d'un rhume, d'une gastro, d'une petite saloperie qui passait par là et qui en a profité pour les achever...
Mais toutes pensent ne jamais mourir. En tout cas pas maintenant.
Parce qu'on se sent bien en vie, bien vivante quand on est maigre pourtant à en mourir.
Enfin peut-être pas à la fin fin, je ne sais pas...

Attention
Je sais que je ne devrais pas publier ces conneries. Ne prennez pas ça au pied de la lettre. Considérez ça comme une théorie, et dites moi ce que vous pensez de ce que j'ai dans la tête si le coeur vous en dit...

lundi, juillet 24, 2006

De retour

Fait chaud ici.
C'est horrible.
J'préférais en haut.
Rah c'était génial.
Le torrent glacé. Hum...
La Blanche rien que pour moi.
Mes cousins.
Un peu chiant, Le Cousin.
C'est l'âge je pense. J'espère pour Lui.
Bref...
Il est d'une délicatesse à toutes épreuves, traitant les filles de "salopes" et de "grosses truies", pour rigoler bien sûr... C'est fin, hein?
Bref, il ne mérite pas (encore) que je parle de lui.
Côté poids, ça bouge pas.
Un petit peu moins. Peut-être.
J'y suis là.
Travailler, maigrir.
Maigrir, travailler.

Pleins de maths à faire.
De la physique, de l'SVT, de l'anglais, d'l'italien...
Et du rien sur mon corps.
Du vide.
Je me suis musclée dans la montagne, c'est raide, et puis le torrent c'est froid, glacé.
Parce qu'il descend du glacier.
C'était bien. Je veux y retourner encore, cet été.
Avant de finir.
Avant de m'en aller, plus haut, de m'élever, plus haut encore que là-haut...

Je veux revoir mon torrent. Ma Blanche.
Une dernière fois...

lundi, juillet 17, 2006

Je veux pas dormir...


Je veux pas dormir.
Pas me coucher.
Je voudrais profiter de cette nuit, jusqu'au bout.
J'ai déjà dépasser ma limite.
Un petit dernier à chaque fois.
Un petit mot encore.
Pour ne pas partir trop tôt.
Risquer de manquer quelque chose.
C'est bête, en deux semaines j'ai le temps de manquer un tas de choses...
Profiter, jusqu'au bout.
Ne plus faire comme avant.
Ne plus rater.
Impossible.
Je m'en vais.
Amuser vous bien et ne soyez pas trop sages! ;-)
C'est mauvais pour la santé...
On attrape tout un tas de saloperies quand on est trop sage,
il suffit de me regarder...
Amusez-vous, éclatez-vous, profitez!
Je reviens bientôt...

dimanche, juillet 16, 2006

Solitude Adorée


En ce moment je suis seule chez moi.
Jour et nuit.
J'aime beaucoup.
Impression d'indépendance ou réelle liberté?
Rien. Les deux.
J'aime juste énormément ça.
Mais le retour avec les autres est parfois un peu abrupt.
Heureusement, cela ne dure pas longtemps, deux, trois jours tout au plus.
Je sais que cette solitude n'est pas forcément bonne pour moi.
Pas forcément mauvaise non plus.
Il suffit de savoir la gérer.
J'ai passé mon année dans cette Solitude Adorée.
Je ne m'en sors pas trop mal.
Je crois...
Je n'ai pas peur.
Je n'ai plus peur d'être seule.
Je me sens bien.
Mais je sais qu'il ne faut pas abuser.
Au risque de ne plus savoir comment faire avec. À force de faire sans.
Avec les Autres.
Les seules personnes avec qui je suis sûre de savoir faire,
Les seules personnes qui parlent exactement le même langage que moi sont les anorexiques.
Enfin ce n'est plus tout à fait vrai.
À présent je parle aussi très bien le langage du Clavier.
D'un seul doigt.
Par petites touches.
Après, je ne sais plus, je m'emmêle les pinceaux, j'ai peur, je panique, je ne trouve plus mes mots...
Et je finis par ne plus rien dire.


Je n'ai rien à raconter, rien à partager.
Je m'intéresse à mes études, j'aime beaucoup apprendre, mais je n'aime pas en parler et de toute façon les personnes aimant aller en cours sont rares.
À la télévision, je ne regarde jamais les mêmes choses que les autres, et pourtant...
Je n'aime pas les dessins-animés, je n'ai jamais aimé cela, j'aime les films, mais quel genre, je serai incapable de vous le dire.
Les fimls qui passent sur Canal, mais pas tous.
De plus, j'ai toutes les peines du monde à aller jusqu'au bout d'un film parce que j'ai l'esprit qui part, vers la bouffe, vers comment maigrir, etc, je vous passe le refrain...
J'aime écouter de la musique, mais je suis incapable de retenir que ce soit les titres des chansons, les paroles ou le nom de leurs interprètes.
Je n'ai pas de passion, je ne fais pas de sport, j'ai bien essayé, mais d'abord je n'en ai pas vraiment envie, et en plus je n'aime pas ça.
Quand je transpire, je préfère le faire seule...
Alors voilà.
À part ça, je pense être une personne plutôt gaie (bien que cet aspect de ma personne soit ressent), j'aime vivre et être avec d'autres, pouvoir partager, mais je ne sais quoi offrir...
J'ai l'impression que je n'ai rien à donner.
Je donne tout ce que je peux, du temps, de moi, mais il y a beaucoup de choses que je n'ai pas.
Voilà c'est tout c'est comme ça.

C'est ce que je dis, mais je ne sais pas si c'est tout à fait vrai.
Je sais que cette image est déformée, mais je ne vois pas la vraie.
Peut-être ne la voit-on jamais?

Oula...
Le coming-out de feu...
Il va être dur à publier celui-ci...
Allez, j'y vais...

Combien?


Une des premières questions que se posent les anorexiques, juste après "Comment tu t'appelles?" et "T'as quel âge?".
"Combien tu pèses?"
"Pour quelle taille?"
Et après vite elles font le calcul mental de l'IMC de leur voisine,
histoire de savoir si c'est une concurrente qui tient la route ou pas.
Histoire de savoir combien il faudra atteindre pour être la plus maigre des deux.
Oui c'est comme ça chez les anorexiques.
Elles s'admirent entre elles.
Mais elles veulent toutes être la plus maigre,
la plus effrayante,
l'Anorexique.
La vraie.
Moi aussi je le veux.
Et je sais que j'y arriverai.
Mais en réalité, les vraies anorexiques, sont celles qui meurent d'être allées trop loin et de n'avoir pas pu s'arrêter.
Les vraies anorexiques sont celles qui meurent de leur maladie.
Moi je vivrais.
Je vivrais!

vendredi, juillet 14, 2006

Maigrir



Facile.
Je sais.
Je l'ai déjà fait.
Dans un sens...
...et Dans l'autre...
Je préfère descendre.
Perdre 10 kilos.
Un mois.
20.
Deux mois et demi.
40.
Un an.
Ne pas manger.
J'adore.
Se sentir vide.
Se sentir Être.
Ne plus rien être.
Disparaître...
Pour qu'ils ne puissent plus m'attrapper.
Plus me faire de mal.
Pour ne plus pouvoir souffrir.
J'aime ne plus rien sentir.
Ne plus rien entendre.
Le corps comme une prison.
Silencieux.
Juste voir.
Les os pointer, le visage émaciés, le corps qui bouge, l'estomac qui travaille sur lui même.
Maigrir.
.:'Maigrir':.
À en mourir.

Aime


Pauvre fille.
Moi.
60 kilos et toutes ses dents.
Veux en perdre 40.
C'est fou.
Oui.
Mais c'est vrai.
Malheureusement, oui.
Je veux peser 20 kilos.
Ne plus être qu'osseuse.
Mais ça, il ne faut pas le dire.
Chut.
Se taire.
Encore et toujours, comme d'habitude...
C'est ce qui fait qu'on se perd.
Et que je perds.
40 kilos à la rentrée.
20 à la fin de l'année.
Ils ne pourront rien contre ça.
Rien.
L'hôpital, je connais.
Ca ne me fait plus peur.
Et je sais comment l'éviter.
Ils ne pourront rien.
Rien.
On ne peut rien contre quelqu'un qui a sa vie entre les mains,
et qui n'a plus peur de la voir s'envoler...
Car les anorexiques volent déjà...
Avec leurs vies...
Elles volent et s'envolent et n'ont pas peur de ne pas retomber à Terre.
Je n'ai pas peur.

Encore. Toujours.

Plus le courage d'expliquer...
Anorexique, magrir, vite, bien, voir les os, vite.
Plus rien, plus de corps, épuré, fini.
Ne plus voir, ne plus entendre, flotter...
On flotte quand on est anorexique...
On flotte au dessus de soi.
On ne voit plus rien, plus personne.
On n'entend plus rien ni personne.
On ne souffre plus, sauf dans sa tête, mais ça ça ne changera jamais...
Je ne veux plus souffrir. Je vais maigrir.
Ne plus rien sentir, que mes os.
Pouvoir faire le tour de mes cuisses de bas en haut avec mes mains.
Pouvoir tenir mon bras entre mon pouce et mon index.
Pouvoir crever sans rien sentir, plus rien.
La douleur anesthésiée.
Même plus la faim.
J'y arriverai.